el cobrador

09-30-2009

Spleen de Pantin

Voilà de nouveau un texte qui ne servira à rien. Ce soir, je n’apprendrai rien d’inouï à ce petit monde qui se passe très bien de mes réflexions de comptoir…

Mais enfin, peu importe, puisque nous ne faisons que perdre notre temps ici-bas (dixit St Augustin), autant l’employer à éclaircir ces songes qui bien souvent nous traversent, lorsque fatigué et malade, nous n’arrivons toujours pas à joindre les deux bouts : le dernier verre et le sommeil.

Un spleen pantinois en somme.

Elle.

C’est à elle que je songe.

Et je me disais : combien de personne avons-nous croisé habité par ce malencontreux désir de vouloir être « avec quelqu’un qui leur ressemble », quelqu’un comme eux, une âme sœur !

Mais quelle prétention, quelle pétulance, et nous de reposer, à nouveau frais, mais c’est qui toi ?

Une réponse soufflée par un autre donnerait:

« Vous n’êtes pas des êtres exceptionnelles, ni même des individus, rien de plus qu’une génération d’hommes élevée par des femmes, choyée, chouchoutée, et vous voilà encore à croire qu’une femme serait la solution à votre faiblesse…maudits tarés »

Fin de citation.

Donc,

Premier problème : Je n’existe pas, l’identité est toujours un leurre, une cicatrice ou un passe-temps (penser à tout ce que vous pourriez faire au lieu d’être allongé sur le canapé en cuir ciré de votre psychanalyste par exemple). D’où, chercher quelqu’un comme soi, ou même aimer son prochain comme soi-même, est, stricto sensu, absurde.

Considération parallèle : Je est un autre est un début, une amorce. Et oui, désolé pour ceux qui en espéraient davantage, qu’ils retiennent dorénavant que les prophètes gardent pour eux (et non pour soi) toujours beaucoup plus qu’ils n’offrent en pâture aux ignares de votre espèce.

Considération perpendiculaire : Nous « français », connaissons l’usage du nous comme marque de la souveraineté, « le roi dit nous voulons ». A bien considéré, le roi devait être le seul à ne pas être tout à fait abruti dans ce cas. Je ne sers à rien et nous l’avons décapité. Ainsi, il nous faut dire « nous » pour être puissants, justes, reconnus, pluriels, admis, consistants, et peut être même révolutionnaires.

Alors, nous voilà pris à songer à vous comme nous le disions plus haut. Et les mots qui nous prenaient d’assaut étaient les suivants : « ce que j’aime chez vous, ce sont vos peuples mademoiselle, votre façon d’être peuplée, votre unicité si nous devions concéder à son existence n’aurait de sens que pour qu’autant que vous êtes le produit de multitudes bariolés, disjointes, écarlates, lesquelles se nichent bien souvent dans votre incapacité à finir vos phrases ; et comme cela nous exaspère, comme cela nous agace sachant que le silence c’est déjà le désert.»

Et comme nous savons très bien que tout cela vous est connu, puisque vous comme nous sommes au fait de l’intense commerce qui s’opère entre nos peuples, cela étant la raison de notre évidente complicité, celle des artisans qui travaille la même matière première ; alors ce que je vais dire ne vous sera d’aucune utilité, je m’adresserai plutôt aux ignares mentionnés plus haut.

A ceux-là qui s’égarent, à ces gens-là je veux offrir ces quelques mots qui ne valent guère plus que l’épluchure du fruit. Indigestes, et pourtant nécessaires. Je m’épluche, tu t’épluches, il s’épluche etc… :

Si aimer venait à vous intéresser, songer je vous prie à ne jamais envisager l’amour comme quelque chose de désintéressé, comme dirais l’autre « nous avons tous à y gagner », et oui, nous avons tous à y gagner, mais si, et seulement si, nous ne perdons pas notre temps à chercher un reflet.

Quoi de plus bête et ennuyeux qu’un reflet ?

Imaginer plutôt quelle joie celle de l’explorateur qui se découvre aux travers de ces jungles, ces désert, ces récifs, et surtout ces regards de travers qui lui révèlent comme une agression son étrangère singularité.

Ainsi, nous affirmons qu’aimer devrait toujours rester cette méconnaissance qui engendre aussi bien l’appréhension que l’hospitalité.

Cependant, l’hospitalité n’est-elle pas une autre manière de désarmer l’étranger ? Voilà une objection qui mérite d’être approfondie mais ceci serait déjà l’objet d’un autre spleen.

Posté par jeanrene à 03:10 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


09-22-2009

Hymne aux vendangeurs en Ré Mineur

Cam_et_Louise_2  cure_dents  Vince_3  Florent

ben  Camille  Sarah  Joseph

Camille_patron  Mains

Posté par jeanrene à 15:10 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

08-24-2009

Epreuve, Incarnation -essai I-

         

       

                                                          Le_myst_re_c_30__2_o_clock_spotlight__web

                                                                 Le mystère

                                                   Il est fort probable qu'elle l'incarne à merveille

                                                                                              sur le quai de la gare de Gènes

                                                                                                 à quoi pense-t-elle donc?

                                     

                                                                                                            A moi ?

                                                                              la beauté d'un accident se mesure au saut entre les rails

                                                                                                         et l'ailleurs

                                                                                                          D'ailleurs

                                                                                                          Je t'aime 

Posté par jeanrene à 02:15 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

08-17-2009

Bambini

              Bambini

Posté par jeanrene à 03:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Mama mia

mama_roma_copier_web

Posté par jeanrene à 03:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]




08-15-2009

Perseguita in Roma

1234                          finale_2

Posté par jeanrene à 19:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

08-03-2009

Playa lucha

Il faudrait pouvoir entendre le bruit de tes pas sur le sable noir.

Au milieu de ce qui s’apparente de près comme de loin à un cirque, tes sourcils bifurquent et s’enchevêtrent autour de tes yeux, te voilà chouette de l’Amazonie égarée en plein jour, sur une plage du Médoc.

Et tes yeux dont le bleu fait pâlir la mer de rage, fébriles, amusées, me regardent comme pour me susurrer la fin de la jungle.

Balbutiements écarlates ou tu sembles sur le point de me le dire enfin, enfin…tes pas sur le sable noir s’éloignent, et lentement je respire à nouveau.

Les embruns feront le reste, mais tout de même dépêche-toi.

Posté par jeanrene à 00:19 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

07-30-2009

Au bout de son souffle

regard_de_Louise

La mer est aujourd'hui comme certaines femmes, elle est belle en ce sens qu'elle impose le respect; celui-là même qu'elle soupire au baigneur étourdi à l'improviste venu la visiter.

Son déhanchement inverse les rôles. Essayer donc de l'étreindre vous verrez.

Aujourd'hui la mer rappelle à celui qui en doutait que l'amour c'est elle qui le porte, comme cette vague qu'il s'agit de saisir à l'envolée.

La mer vole.

Posté par jeanrene à 19:03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

07-20-2009

Restes archéologiques du Mexique...006

Encore trop tard pour un trop tôt ?

Après un mélange de lectures que je ne comprenais plus, j’en arrivai là : le cri est-il extérieur aux langues ?

Une question étrange qui achevait de se détacher de la masse confuse des autres restées présentes, mais silenciées sur l’instant. Donc je ne voulais plus qu’elle. La seule chose qui m’intéresse là, tout de suite, c’est de savoir : Quoi du cri ? Depuis combien de temps cette même interrogation me hante comme un spectre masqué ? Un fantôme aux milles déguisements, aux milles cavalières. Le masque et l’autre.

Alors il me sembla que je l’avais enfin attrapé, elle se présentait maintenant figée, immobile et vive, comme arrogante, devant moi armée, attendant un signal. Le duel…

Je m’interromps, la considère un moment. Elle m’impressionne et m’effraie.

Elle est un silence qui courre depuis bien longtemps. Et qui tant qu’il courait, fuyait, se déplaçait sans cesse, rendait la possibilité d’une lutte impossible, reportait inlassablement l’affrontement. Mais là voilà maintenant devant moi, son sourire macabre. Et je me rends compte que la peur que j’éprouve en sa présence provient de son inattendue immobilité. Pourquoi s’est-elle arrêtée ?

Je sens l’odeur de la mort, d’une double mort.

D’une part, l’arrêt, la précise immobilité de la formulation, précise sur cet instant qui s’étire, ces sept mots agencés, et ce point d’interrogation planté sur cet organisme comme le drapeau d’une victoire annoncée. Il y avait quelqu’un qui disait: « Un problème convenablement posé est bien près d’être résolu »

Bien sûr, comment cela pourrait-il être autrement ? Mais je voudrais ajouter qu’ « un problème convenablement posé est déjà résolu ». Il est déjà la réponse. Ou, d’une autre façon, ce confort, ce con-venir de la question est le déjà convenu en devenir de la réponse, il est la mort de la question, le squelette de la réponse. Il s’agit alors de synthétiser une nouvelle peau. C’est le premier point pour lequel je ne veux pas répondre, j’ai déjà répondu, je refuse de répéter, la respiration artificielle.

D’autre part, dans cette question, j’entends la mort du cri entonner un chant funèbre. La fumée nauséabonde qui du bûcher s’envole. Comment répondre aux cris par des mots ?

C’est absurde, comme si l’arbre se prenait à vouloir parler à l’oiseau. Le cri refuse même le dialogue avec celui qui est seul en train d’écrire.

Et pourtant entre chaque mot, entre chaque lettre, au milieu de cette irrépressible attraction, cet appel du sens, la traduction du senti, entre, entre… entre le souffle de ces cris qui ne veulent ni dire, ni écrire, ni te parler. Existent-ils ? Sont-ils bien morts ? Vécurent-ils ? Et toi, qu’en penses-tu ?

Tu me lis donc tu hésites.

Je te propose de commencer à construire un désert sur les souvenir du silence de ces cris tus. N’écris plus, peuple ton désert, j’en ferai de même. On se retrouvera là-bas, je te le promets.

Posté par jeanrene à 00:43 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

Restes archéologiques du Mexique...005

En marche

Comment arrêter un paysage ?

Suffit-il de demander au chauffeur de s’arrêter ?

Je ne sais trop…

Il accusa le silence, et le vent, et ces yeux qui feignent être muets.

Ce silence, la vitre, le chauffeur.

Ce silence qui s’étire mou et chaud sur l’asphalte brun.

Une bobine de film.

Sou-venirs

Il semblait que depuis bien longtemps ce lieu fût utilisé pour d’innombrables réunions.

Bien sûr les invités étaient de toutes sortes, selon le goût du chef de cérémonie, bien sûr il ne venait pas toujours habillés comme ils auraient dus ; certains perdait une jambe en route, d’autres un bras, d’autres venaient sans leur femmes, d’autres encore avec leurs chien ou leurs perroquets…

Toujours, tant bien que mal, cela devenait une réunion.

On en venait à tisser, avec plus ou moins de succès, cela dépendait du goût du spectateur…qui lui-même pouvait facilement être bariolé, borgne, sourd, étourdi, ou très sobre, mais dans tous les cas, il arrivait qu’il posât problème.

Après je posais des questions comme : Pourquoi ? Identité ? Géographie de l’intention ? Respirer à l’envers ?…et d’autres encore que j’ai oublié.

Tu entrais et répétais les mêmes mots.

Il s’approcha et lança un cri qui ressemblait à « Que devons nous penser de cette répétition ? »

Ces répétitions en habits de silences.

Posté par jeanrene à 00:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]